Nous avons réalisé le Tour du Mont Blanc fin août dernier, à cinq : ma copine, mon frère, ma sœur et son copain, et moi-même. C’était notre premier trek de plusieurs jours en autonomie complète, tente et réchaud. Le circuit classique du TMB traverse trois pays, France, Italie et Suisse, autour du massif du Mont-Blanc, sur environ 170 km.
Pour la préparation de l’itinéraire, ma sœur avait tracé le parcours sur Mapy.com. J’avais ensuite importé la trace GPX sur OsmAnd, que j’utilise sur le terrain pour sa précision hors-ligne et son rendu topographique bien adapté à la montagne, deux applications dont je parle plus en détail dans mon article sur les applis de cartes.
Hébergement#
Nous avons dormi en tente chaque soir. La plupart de nos repas étaient préparés au réchaud, ce qui nous a permis de rester autonomes tout le long du trek et de limiter les coûts. Le bivouac est toléré à proximité de nombreux refuges sur le tracé du TMB, moyennant parfois une petite contribution. Il est interdit en Italie en dessous de 2 500 m.
Itinéraire#
Jour 1 : Samedi 23 août — Départ et montée vers Le Champel#
Nous avons commencé à marcher en début d’après-midi. Le départ se fait classiquement depuis les Houches. Nous avons rejoint le col de Voza puis descendu vers les Contamines avant de continuer dans la réserve naturelle, le long du torrent de Miage. L’objectif de cette demi-journée était de prendre de l’avance pour le lendemain.
Nous avons planté la tente vers Le Champel, non loin du refuge du Truc. Une première nuit courte, mais le moral est là, nous sommes cinq, les sacs sont lourds, mais l’excitation du départ compense tout.

Premier repas au réchaud sous la tente ce soir-là, un vrai moment de partage pour lancer l’aventure.
Jour 2 : Dimanche 24 août — Le Champel → Col du Bonhomme#
Le matin, nous avons repris le sentier en direction de Notre-Dame-de-la-Gorge puis du refuge de la Balme. De là, la montée se raidit jusqu’au col du Bonhomme (2 329 m), premier vrai col du TMB. Le panorama depuis le col est impressionnant, avec vue sur les lacs Jovet et les Roches Merles.
Nous avons poussé jusqu’au col de la Croix du Bonhomme (2 467 m) où nous avons installé le bivouac. La soirée est fraîche à cette altitude, mais le ciel est dégagé. Vue sur les étoiles.

Jour 3 : Lundi 25 août — Col du Bonhomme → Col de la Seigne#
Descente vers les Chapieux puis direction la Ville des Glaciers. Nous avons croisé les premiers patous, ces chiens de protection des troupeaux qu’il faut contourner avec précaution. Le sentier remonte ensuite progressivement vers le refuge des Mottets, dernier arrêt avant la frontière italienne.
Quelques lacets plus tard, nous voici au col de la Seigne (2 516 m), point de passage entre la France et l’Italie. Le cairn marque l’entrée dans le Val Vény. Nous avons bivouaqué à proximité du col, côté italien. La vue sur les Pyramides Calcaires et les Grandes Jorasses au coucher du soleil est mémorable.
Au col, peu après le diner, nous avons eu la chance d’observer un troupeau de bouquetins, un moment unique et magique qui restera gravé dans nos mémoires.

Jour 4 : Mardi 26 août — Col de la Seigne → Camping Grandes Jorasses#
Nous avons descendu le Val Vény italien, en passant par le lac Combal puis les ruines de l’alpage d’Arp Vieille. Le sentier balcon offre des vues superbes sur le versant italien du Mont-Blanc. Après le refuge Maison Vieille, la descente vers Courmayeur est longue et peu agréable, surtout avec un sac lourd.
De Courmayeur, nous avons repris le sentier vers le Val Ferret. Nous avons dormi au camping Grandes Jorasses, dans le Val Ferret italien, à quelques kilomètres de Courmayeur. Le camping permet de se ressourcer, douche chaude et quelques provisions achetées en ville.

Jour 5 : Mercredi 27 août → Alpage de la Peule#
Nous avons continué dans le Val Ferret italien, en passant par le refuge Elena encaissé sous le glacier de Pré de Bar. Ensuite, la montée jusqu’au Grand Col Ferret (2 537 m) est raide mais courte. Ce col marque la frontière italo-suisse. De l’autre côté, la vue sur le Valais suisse est grandiose, avec le Grand Combin et l’Aiguille de Triolet en toile de fond.

La descente vers Ferret est longue. Nous avons poussé jusqu’à l’alpage de la Peule pour y planter la tente. L’endroit est paisible, les sonnailles des vaches en fond sonore. Les repas au réchaud commencent à trouver leur rythme de croisière.
Jour 6 : Jeudi 28 août → Camping Les Rocailles (Champex)#
La journée a commencé sous la pluie. Nous avons marché depuis la Peule en direction de Champex, mais la météo ne s’est pas améliorée. Nous avons décidé de prendre le bus pour avancer plus rapidement jusqu’à Champex-Lac et nous abriter.
Nous avons dormi au camping Les Rocailles à Champex. Une douche chaude et un repas au chaud font beaucoup de bien quand on est trempé depuis le matin. C’est aussi l’occasion de faire sécher le matériel avant la dernière ligne droite.

Jour 7 : Vendredi 29 août → Alpage de Bovine → Descente nocturne#
Dernière journée de marche, et pas la plus simple. Depuis Champex, nous avons monté vers l’alpage de Bovine, puis en direction du col de la Forclaz et du refuge du col de la Balme.
La montée après le refuge Le Peuty a été partagée avec les coureurs du CCC, ajoutant une ambiance particulière et sportive à cette dernière grosse ascension.
Nous sommes arrivés au refuge du col de la Balme assez tard dans la soirée. Complet, pas de place pour dormir, ni pour planter la tente à proximité.
Nous n’avons eu d’autre choix que de redescendre à la frontale. La descente dans la nuit jusqu’au niveau du télécabine a été longue et éprouvante, les lampes frontales sur les sentiers humides. Nous avons finalement trouvé un endroit pour planter la tente près de la télécabine. Une nuit courte et agitée.
Jour 8 : Samedi 30 août — Fin de la descente et retour#
Le matin, nous avons fini la descente jusqu’à la vallée, les jambes lourdes mais la tête pleine. De là, nous avons pris le train pour rentrer. Le TMB était derrière nous, pas dans sa forme la plus idyllique, entre la pluie et la descente nocturne, mais nous l’avions terminé.
Bilan#
Huit jours, trois pays, environ 170 km à pied, en tente et au réchaud. Cinq sacs, cinq paires de jambes, et une trace GPX qui nous a bien guidés tout du long. Le Tour du Mont Blanc est un trek accessible mais exigeant, surtout en autonomie complète. Les étapes sont longues, le dénivelé cumulé avoisine les 10 000 m, et la météo en fin août peut se montrer capricieuse.
La nuit au col du Bonhomme sous les étoiles et la traversée du col de la Seigne sont parmi nos plus beaux souvenirs. La descente à la frontale depuis le col de la Balme, le moins glorieux, mais elle fait partie du trek.




